Melampyre
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Aux samples, et caetera

Si le sampling est aujourd'hui utilisé dans beaucoup de courants musicaux, il faut reconnaître que ses subtilités restent méconnues. Expliquez à un non initié ce qu'est le sampling, de manière neutre, et il y a de fortes chances pour qu'il n'y voit rien d'autre que ce que faisait Puff Daddy en reprenant Police... c'est à dire pomper tout un riff, et même un refrain, y ajouter un beat mollasson et rapper quelques phrases ineptes.

Pour nous le sampling c'est tout autre chose, le sampler est même un instrument à part entière. Pour ma part, cette conviction m'est venue avec un grand choc musical: l'album Endtroducing de DJ Shadow. Et pour cause, ce disque n'est constitué que de samples d'autres disques. Épluchant les milliers de vinyles de la réserve d'un disquaire, ce musicien y a puisé tous les éléments de sa musique: batteries, basses, orgues, guitares, voix, synthés... La première difficulté d'un tel procédé est évidement de trouver des sons qui collent ensemble, tant d'un point de vue mélodique que rythmique. Mais le plus difficile est surtout d'arriver à exprimer quelque chose avec cet enchevêtrement de sons, ce que Shadow réussit brillamment. Un autre musicien que nous apprécions, Prefuse73, se sert quand à lui des samples comme d'une matière première malléable. Avec son sampler, il transpose, décompose, recompose, bref triture les sons dans tous les sens pour en créer des nouveaux, et surtout exprimer ce qu'il a dans les tripes. Une approche différente mais tout aussi passionnante.

Pour la musique de Melampyre, nous n'avons pas de méthode précise, mais les samples sont assez présents dans nos compositions. Après notre premier maxi, nous avons éprouvé le besoin d'élargir notre palette de sons. Ça a commencé avec un vieux stocks de vinyles poisseux, d'un bon mètre de hauteur, trouvé dans local poubelle. Cet été là nous avons patiemment sondé chaque disque pour en échantillonner les passages dignes d'intérêt, nous constituant une bibliothèque de sons que nous utilisons encore aujourd'hui. Il y a eu également pas mal de dimanches passés à écumer les brocantes locales, bravant les odeurs de tabac à rouler et de merguez-frites, dans une sorte de remake franchouillard du crate-digging* cher aux DJ américains. Pour ne rien omettre, c'est parfois au détour d'un film pas tout jeune, d'un MP3 glané sur le web, ou simplement en laissant tomber des clés sur une tablette en bois que des sons nous ont interpellés.

Hélas trouver le bon sample n'est pas évident. Beaucoup de sources sonores se révèlent avares en la matière et il faut aussi que le son trouvé soit en phase avec l'inspiration du moment. Mais parfois, au détour d'une intro de piano, d'un solo de contrebasse ou de quelques notes de violon, l'alchimie opère, et nous intégrons ces quelques secondes d'un toute autre univers à notre composition. Inutile de préciser que le résultat final n'a jamais rien à voir avec les originaux, ni avec Puff Daddy.

* Ce que je traduirais "récurage de bacs"

Par Florian, le 07/08/2007 - Contact

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Aux samples, et caetera