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Le Procès, d'Orson Welles

Parmi les thèmes qui nous tiennent à coeur, vous aurez sans doute remarqué notre penchant pour les univers d'anticipation oppressants, absurdes ou totalitaires, comme ceux décrits dans 1984 de Georges Orwell, le film Brazil de Terry Gilliam ou la BD Julius Corentin Acquefacques de Marc-Antoine Mathieu. Ce film d'Orson Welles, moins connu, est également une bonne description de certaines dérives possibles de nos sociétés modernes...

Dans un monde austère et bureaucratique, Joseph K. est un employé sans histoires. Soudainement mis en examen, il se retrouve dans les filets d'un système judiciaire complexe et absurde, où il lui est impossible de savoir de quoi il est accusé.

Dans cette adaptation du roman de Franz Kafka, Orson Welles reproduit parfaitement l'univers oppressant et tortueux de l'écrivain. Le réalisateur pousse la métaphore jusque dans un montage étonnant, faisant communiquer toutes les pièces où évolue Joseph K. Les décors mettent à profit l'ancienne gare d'Orsay, du temps où elle n'était pas encore un musée, pour créer un gigantesque labyrinthe.

Dans le rôle du pantin de Kafka, Anthony Perkins est un accusé parfait, naïf et fragile. Le reste du casting est remarquable : Romy Schneider, Jeanne Moreau et Orson Welles lui même, dans le rôle d'un avocat machiavélique.

Comme à son habitude, le réalisateur de Citizen Kane signe un film techniquement parfait, où la photographie et les plans sont magnifiques, jouant sur les ombres, la profondeur de champ, les plongés et contre-plongés. Parfaitement mis en scène, rythmé au son de l'adagio d'Albinoni, ce film est un chef d'oeuvre en lui même, et au même titre que le roman qui l'a inspiré. Ou comment nous interroger avec subtilité sur le monde qui nous entoure. Ce que nous tentons parfois de faire avec notre musique.

Par Florian, le 11/10/2005 - Contact

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Le Procès, d'Orson Welles